Il s’agit d’une nouvelle approche qui vient mettre un terme aux inspections récurrentes et incontrôlées dans les entreprises dont les activités sont à risque.

L’accroissement et la densification du nombre d’établissements classés ces dernières années ont engendré une augmentation considérable des risques d’accident et autres désagréments sur la santé et l’environnement. Face à cette situation, la prévention des risques et la lutte contre les pollutions sont apparues comme une impérieuse nécessité. Cependant, malgré l’existence d’une législation et d’une disposition réglementaire d’accompagnement permettant aux administrations publiques, à travers les opérations d’inspections, d’assurer la surveillance et le contrôle technique des établissements classés, sur le terrain lesdites actions de contrôle étaient effectuées en ordre dispersé. Chaque ministère au gré de son calendrier, faisait alors des incursions dans les entreprises dont les activités sont à risque.

Face à cet état des choses, les entreprises ont vite fait de monter au créneau. On se souvient que lors de la 5ème session du Cameroon Business Forum tenue le 06 mars 2014 à Douala, le secteur privé avait souligné ce manque de cohérence et de coordination, arguant que les inspections dispersées avaient, entre autres, un impact négatif sur le climat des affaires au Cameroun. La doléance a finalement été prise en compte avec le lancement officiel des inspections coordonnées qui s’est déroulé vendredi dernier à Douala. Désormais, selon la nouvelle approche, les descentes seront conjointes constituées des représentants des ministères concernés. Notamment ceux du Commerce, de la Santé, de l’Environnement, de l’Industrie, de la Pêche, et du Travail. « Il est question de vérifier la documentation, à l’instar des autorisations d’exportations, les certificats de conformité environnemental, et de s’assurer au niveau technique que les installations respectent la norme. Afin d’éviter et de prévenir les risque industriels », a-t-on appris. Ici la surveillance de la conformité des établissements classés est placée au rang des priorités de la campagne des inspections. Outre la meilleure sécurisation des établissements classés, de l’avis des experts, l’application de cette autre approche gouvernementale en matière d’inspection, a pour but de limiter les dépenses liées aux missions d’inspections non conjointes.

Rappelons que cette mesure est encadrée par le décret n°2014/2379/PM du 20 août 2014 fixant les modalités de coordination des inspections des établissements classés, et le décret n°2014/3864/PM du 21 novembre 2014, modifiant et complétant certaines dispositions du décret précité. Ainsi, la régression des incendies dans nos édifices, la réduction du nombre d’accidents dans les lieux de travail, la promotion d’un environnement sain pour les travailleurs et le public en général, de même que l’amélioration des performances, dépendront du strict respect par les agents en charge des inspections, des exigences techniques édictées par cette réglementation.

Luc Justin Kamguia, 237online.com

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